Respiralyon - FAQ - Surveillance des Odeurs en région Rhône-Alpes

Questions / Réponses

1. Comment fonctionne notre nez ?

Le nez dispose de 5 millions de cellules sensorielles contre 200 millions chez le chien.
Il s'agit de neurones qui captent leurs informations par une touffe de cils flottant dans un mucus aqueux. Ces cils ont une structure très originale : leur membrane est constituée de nombreuses protéines réceptrices différentes, capables de reconnaître toute une palette de substances odorantes.
Organe des sens très subtil, le nez permet à l'homme de reconnaître quelque 10 000 senteurs différentes à des concentrations infimes et de distinguer les bonnes odeurs des mauvaises.

2. Comment fonctionne notre système olfactif ?

Dès que l'on porte une fleur à son nez, les molécules odorantes se dissolvent dans la muqueuse nasale et excitent les cils vibratiles des cellules olfactives.
Aussitôt un signal se déclenche et provoque une série de réactions chimiques et électriques.
L'influx nerveux qui en résulte emprunte un long bras de la cellule réceptrice, l'axone, et chemine jusqu'au cerveau. L'ensemble de ces axones constitue le nerf olfactif.
Au niveau du cerveau, le bulbe olfactif accueille les messages nerveux et sert à la fois de relais et de "gare de triage" de ces messages avant leur arrivée au cortex olfactif où ils sont identifiés et associés à des valeurs affectives. Ce qui explique qu'un parfum puisse susciter une émotion sensorielle.

Il existe deux voies pour percevoir les arômes :

  • la voie externe, en inspirant par le nez,
  • la voie rétronasale, les arômes se trouvent dans la bouche et remontent lors de l'expiration au sommet de la fosse nasale et viennent balayer la zone sensible.

Pour être sentie, une substance doit être volatile et soluble dans l'eau. C'est le manque de solubilité d'une molécule dans le mucus nasal où baignent les récepteurs olfactifs qui rend cette molécule inodore. Ainsi certaines molécules n'ont pas d'odeur tout simplement parce qu'elles n'atteignent pas leurs cibles olfactives. Les structures volatiles présentent une très large gamme d'odeurs qui va du nauséabond au délicieux.

3. Y a t-il un risque lorsqu'une activité est à l'origine de pollutions odorantes ?

Le fait d'associer une odeur à un risque sanitaire est dans la plupart des cas sans fondement puisque les composés odorants peuvent être perçus par l'être humain à des niveaux de concentrations très faibles et en particulier inférieurs aux valeurs limites d'exposition (VLE), c'est-à-dire la concentration moléculaire maximale à laquelle un individu peut être exposé pendant un temps donné sans que cela engendre des modifications de son état de santé.
Cependant, même si les niveaux de concentration en polluants odorants n'induisent aucun risque direct, les nuisances olfactives qu'ils génèrent peuvent avoir un impact psychologique négatif lorsqu'elles sont jugées excessives. Ce "stress" peut alors dans certains cas avoir des conséquences graves sur la santé des personnes.

4. Qu'est-ce qu'un débit d'odeur ?

Le débit d'odeur est défini conventionnellement comme étant le produit du débit d'air rejeté, exprimé en m3.h-1, par le facteur de dilution au seuil de perception.
Le niveau d'une odeur ou concentration d'un mélange odorant est défini conventionnellement comme étant le facteur de dilution qu'il faut appliquer à un effluent pour qu'il ne soit plus ressenti comme odorant par 50 % des personnes constituant un échantillon de population.

5. Quelles sont les obligations des industriels qui rejettent des composés odorants ?

Ces obligations dépendent directement du secteur d'activités concerné. Dans certains secteurs à l'origine de pollutions odorantes, la réglementation ne fixe pas de valeur limite sur les odeurs. Cependant même si l'arrêté national ne fixe aucune valeur, l'arrêté préfectoral peut comporter un objectif en débit d'odeur et/ou en concentration de produits odorants.

6. Qu'est-ce qu'un nez électronique ?

Les nez électroniques sont principalement constitués d'une barrette de capteurs qui réagissent au contact des molécules volatiles. De plus, ces capteurs sont associés à une interface électronique qui assure la traduction du signal en une valeur numérique. Les données enregistrées peuvent alors être traitées au moyen de l'informatique et en particulier des méthodes de reconnaissance de formes.
Les principaux capteurs chimiques utilisés dans ce type de système sont : les capteurs à base d'oxyde métallique semi-conducteur (MOS), les capteurs à polymères conducteurs (CP), les capteurs à quartz piézoélectrique (CQP, SAW), les capteurs à effet de champ (MOSFET).
La majeure partie des applications des nez électroniques dans le domaine de la pollution odorante est encore au stade de la recherche et développement, bien que certaines ont fait l'objet d'études en conditions réelles.

7. Comment mesure-t-on une odeur ?

Les principales méthodes d'analyse pouvant être mises en œuvre sont :
- l'évaluation de la gêne : les riverains sont amenés à témoigner sur la gêne qu'ils ressentent,
- les analyses olfactométriques : elles sont réalisées au laboratoire ou sur le terrain par un jury de nez,
- les analyses physico-chimiques : elles permettent de déterminer les concentrations en molécules odorantes.
On peut citer par ailleurs l'analyse par nez électroniques. La majeure partie des applications des nez électroniques dans le domaine de la pollution odorante est encore au stade de la recherche et développement, bien que certaines ont fait l'objet d'études en conditions réelles (notamment sur les sites suivants : stations d'épuration, compostage, élevage porcin).